LES  LARMES DU VENT....

 

TROUPEAU... BERGER... BREBIS... AGNEAU... SACRIFICES

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             Troupeaux, pasteurs ou bergers, brebis, agneaux, sacrifices sont des termes qui parcourent la Bible depuis la Genèse. 
                 Jésus les reprend à son compte, illuminant ses paraboles.


  Aujourd'hui, il est bien difficile, pour beaucoup, d'apprécier en profondeur et comprendre la beauté, le symbolisme de ces thèmes. Il en va de même pour les cultures: vigne, céréales, semences, moissons...
  * Connaître "ces espaces-mondes" est une richesse pour notre foi: les méditer nous plonge au coeur du Mystère, jetant des passerelles vers les Ecritures.

      **  J'ai acquis ce bonheur dès ma plus tendre enfance...Par une expérience de vie souvent difficile! C'était ainsi, le lot des enfants pauvres.

        La table analytique de la Bible aligne leurs références sur plusieurs colonnes. Grâce à elles, on peut retrouver leur contexte très facilement, ce qui aide beaucoup quand on doit préparer une étude.
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 Berger "moderne" dans les Alpes suisses. Au pied du GOTTHARD. Cet oncle de mon mari m'a offert d'en mesurer les joies comme les peines et les sacrifices.... Quel enchantement  d'être auprès de lui!

             Une vie sans repos. Donnée. Absolument dépendante de ses mille bêtes ou plus!

    Dehors par tous les temps, dans un guet continu. Le regard apparemment fixé vers l'horizon. Erreur !!!!
     En partageant ses "veilles", nous découvrions qu'en fait son regard balayait le troupeau : soudain, il lançait un ordre qui nous faisait sursauter.. Le calme revenu, il nous expliquait patiemment que telle ou telle brebis avait fait ceci ou cela, risquant tel danger.
  Nous n'avions rien vu alors qu'il était perpétuellement sur le qui-vive.
   
    Si jamais il lui en manquait une, vers le soir, il nous quittait précipitamment. Nous savions alors qu'il était inutile de l'attendre!

..Qu'il allait patrouiller pendant des heures, au péril de sa vie pour retrouver SA BREBIS ...
     C'était son quotidien. L'âme de sa vie.
  IL nous rejoignait alors souvent en milieu de matinée, après une nuit dehors, fatigué, trempé, ses chiens sur les talons..Se changer et repartir aussitôt nous entraînant à sa suite comme si nous étions aguerris!
  Parfois il se taisait, sombre. Nous aussi. Nous savions qu'il repartirait, le troupeau lâché dans le pâturage.
   
       Quelles leçons d'amour, de bonheur simple, d'endurance...!
    Vie frustre dans sa cabane au pied de la montagne, partagée avec ses chiens et son âne, non loin de l'enclos où il parquait parfois ses     bêtes, quand il avait pressenti un danger... IL lui arrivait de nous l'expliquer. Pas toujours.
   Même s'il nous aimait, nous sentions la charge supplémentaire que nous représentions avec les enfants...
   
   L'hiver il redescendait dans la plaine à Lucerne, les bêtes qu'il n'avait pas vendues, dans un pré proche de son chalet. Il souffrait en plaine, il manquait " d'espace et d'air"!..
 
     Un amour inconditionnel si bien que lorsqu'il n'a pu avoir assez de pâturages et dû réduire son troupeau, il est tombé malade et en est mort peu de temps après! Un amour fatal.

       
UNE dans un troupeau de MILLE bêtes- ou plus? ! Sidérant!

             Une alchimie, une symbiose que je garde précieusement dans mon âme. Il sentait toute l'admiration qui naissait de cette découverte. Je n'avais rien connu de tel même si j'avais travaillé, chaque été, dans une ferme depuis toute petite.
  Alors, il m'expliquait, se confiait.
         Il m'a offert un précieux héritage!


       "**Tu vois, celle-là, là- bas, elle ne va pas bien...Et d'énumérer les symptômes d'une éventuelle maladie...Il me présentait les "meneuses"... racontait leur histoire puis,  d'un seul coup,  si certaines fugueuses ne répondaient pas à ses appels répétés, il commandait son chien qui filait tout au loin, souvent dans les rochers.
   
         Pour lui aussi, les ordres étaient modulés: son rabattement des bêtes était vraiment un spectacle admirable! 
   Ses chiens lui étaient aussi précieux.
         Vivant seul, il avait gardé un côté abrupt qui s'évanouissait dès qu'il rencontrait quelqu'un. Il connaissait tout le monde et chacun
   lui témoignait de la tendresse: il leur parlait de nous en allemand, italien , français ou dialecte suivant le canton..
    Mesurez l'intrusion d'une famille avec quatre jeunes enfants au fil des ans dans un univers plus que sobre...
  
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      Son regard fouillait inlassablement chaque coin de montagne. Rien ne lui échappait ni des oiseaux planant sur les sommets ni des randonneurs qui le connaissaient tous!
   Il nous parlait, certes, mais son être tout entier était tendu vers l'horizon car il y en avait toujours qui se perdaient..
   Je me souviens d'une neige inattendue en milieu de juillet qui nous avait forcés à écourter notre séjour.
   Lui, restait pour protéger son troupeau sans trop savoir comment et où il trouverait assez d'herbe!

      Il était si inquiet qu'il nous a laissés pour les rejoindre en bas, dans la vallée alors qu'il nous avait réservé des chambres à l'auberge du FURKA PASS...!!!




....Mille brebis sans compter les agneaux..!!!
   
 Quelle tristesse quand il en ramenait une blessée, inguérissable qu'il était allé remonter du trou où elle était tombée. Pire que s'il avait été blessé lui-même!
Jamais, il n'a abandonné une bête quitte à se faire aider. Un échec qui l'assombrissait longtemps. Nous nous taisions par respect. Il lui arrivait de disparaître des heures...

   Il était une telle légende qu'il figure dans un livre consacré au GOTTHARD...(photos N/B- double page).
  Grâce à lui, nous avons pu connaître la Suisse par le coeur.. On passait d'un canton à l'autre, il jonglait avec les langues. Parfois nous franchissions la frontière italienne car il était de Bergame.
   Il était pressé. Inquiet de ses bêtes qu'il avait confiées quelques jours...


   Je suis allée à son chevet à Lucerne.
   Avec ma belle-soeur, il nous avait chargées de retourner régler quelques affaires à Andermatt.
   Mais nous ne pouvions plus voir la beauté des montagnes. La route nous avalait vers le Gotthard... Chaque pré, chaque sommet, chaque rue nous parlait de lui...
   Quelle tristesse dans la vallée... Il était tant apprécié!
 
             
  Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, je partirai...
      ../...Je ne verrai ni l'or du soir qui tombe../...
        Ni../....Ni../...

                                           
 Merci, PIETRO!

         Je  garde tout cela précieusement. Ces souvenirs éclairent ma méditation sur 
                        
                                     
Jésus, Agneau de Dieu
                                            Jésus, Berger de toute Humanité


                        .../.....

           Tonton main sur son chien 001Dsc04048  à suivre..

  Corrigé une 1ere fois..à poursuivre!

Date de dernière mise à jour : 28/09/2020