LES  LARMES DU VENT....

 

JEUDI SAINT

 LE CENACLE
 


                               Qu'est-ce que le Cénacle, ce lieu où la Cène s'est déroulée?

                                                 
https://www.youtube.com/watch?v=MkgrYoexTM4

 

« Il les aima jusqu’au bout » (Jn 13, 1-15)

   Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.

       Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer,
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.

        Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? »

Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. »
Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! »
Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. »
Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »



Jésus lui dit : «

Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. »
Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »

Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit :
« Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » 

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Lavement des pieds de prisonniers par le pape François.

MEDITATION DES CARMES

 

*           *Pierre a failli passer à côté d'une grande grâce. En voyant Jésus s'avancer avec son linge et son bassin, il a voulu le stopper dans son initiative : "Toi, Seigneur, me laver les pieds ? Jamais !"

C'était bien dans le tempérament de l'Apôtre. Déjà il ne supportait pas que Jésus prédise sa passion et sa mort ; à plus forte raison s'est-il cru le devoir de réagir quand il a vu Jésus à ses pieds, en position de serviteur.

Pierre avait son idée sur le rôle de Jésus.
Il croyait savoir, et c'est sur ce point d'abord que Jésus va le détromper :
"Ce que je fais, Pierre, tu ne peux le savoir à présent ; mais par la suite, tu comprendras". Par la suite, l'Esprit Paraclet te le fera comprendre ...peu à peu!

Au fond, Pierre se laisse paralyser par la disproportion qu'il ressent entre la majesté de Jésus et sa propre indignité.
Mais là encore Jésus met les choses au point : l'humilité de Pierre est bonne en soi, mais si elle le crispe devant Jésus, c'est que déjà l'orgueil a repris ses droits et que le dépit fausse la conversion.

C'est bien le même réflexe qui explique certains de nos échecs spirituels : nous acceptons mal de nous retrouver toujours pécheurs devant Jésus, toujours rétifs, toujours inconstants, toujours en dette d'amour ; et notre indignité nous fascine parfois plus que la miséricorde du Christ.

Or l'enjeu est important, et c'est la qualité même de notre amitié avec Jésus : "Si je ne te lave pas, tu n'auras pas de part avec moi".
Ou bien nous laissons au Maître l'initiative, et alors tout ce qui est à lui est à nous ;
ou bien nous lui ôtons le bassin des mains, et nous ne connaîtrons pas la joie d'être lavés par Jésus.

"Alors, Seigneur, non seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête !" ...
Le brave Pierre ! le cœur y est, cette fois encore ; mais il n'a pas compris que Jésus, à partir du moment où nous le laissons faire, n'a besoin ni de temps, ni d'espace, ni de surface, et que son amour est là, offert tout entier dans l'instant, tout entier serviteur, tout entier sauveur.

Mais pour entrer à fond dans la pensée de Jésus au soir de ce Jeudi Saint, le plus sûr est encore de l'écou­ter commenter son geste : "Comprenez-vous ce que j'ai fait pour vous ? Vous m'appelez le Maître et le Seigneur, et vous dites bien, car je le suis. Dès lors, si je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres".

Le lavement des pieds est pour Jésus à la fois et indissolublement un geste d'humilité et un geste d'amour, et l'Évangile de Jean décrit cet ultime service et cet abaissement de Jésus comme un premier pas dans l'extrême de l'amour : "Il les aima jusqu'au bout".

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