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Jésus dit :
“Les blessures aux paumes, que tu n’as pas vues parce que je bouge rarement ma main gauche, à la fois par une habitude contractée au travail et parce que c’est la plus blessée, ont été infligées de la façon suivante.
L’idée des bourreaux était de me suspendre par les carpes, immédiatement au-dessus de la jointure du pouls, pour rendre la suspension plus solide. Et en effet, après m’avoir étendu sur la croix, ils me transpercèrent la main droite en ce point.
Mais, étant donné que le constructeur de l’échafaud avait marqué le trou de gauche (c’était la coutume de marquer l’emplacement des clous afin de les faire entrer plus facilement dans le bois épais et de suspendre plus solidement un corps placé, non à l’horizontale, mais à la verticale et sans autre support que trois longs clous) plus loin du point où pouvait arriver le carpe de ma main, on décida, après m’avoir étiré le bras jusqu’à déchirer les tendons, d’enfoncer le clou au centre de la paume, entre deux os du métacarpe.
Ça ne se voit pas dans le suaire parce que la main droite recouvre la main gauche.
La blessure aux membres, que je subis de mon vivant, fut plus grande parce que, une fois qu’on eut levé la croix, quand le poids du corps se déplaça vers le bas et en avant, le clou fit une grande lacération vers le pouce, élargissant le trou plus que dans la main droite où le carpe résista mieux à la suspension que le métacarpe. Et cette blessure fut aussi la plus lancinante, soit parce qu’elle était du côté du cœur, soit parce qu’en entrant, le clou brisa les nerfs et les tendons de la main, provoquant un spasme atroce qui se propagea jusqu’à la tête.
Les peintres et sculpteurs qui, par un sens de l’art, me représentèrent la main droite partiellement ouverte et la main gauche fermée en poing, ont témoigné sans le vouloir d’une vérité physique de mon corps martyrisé, parce que la main gauche se ferma réellement en poing à cause du spasme et de la rupture des nerfs coupés, et elle se ferma de plus en plus parce que le spasme et la contraction des fibres nerveuses augmenta avec le passage des heures.
J’eus beaucoup de spasmes sur la croix. Je t’en parlerai un jour. Mais celui des mains fut l’un des plus cruels.”
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