LES  LARMES DU VENT....

 

Marie NOËL- CHAQUE ÊTRE HUMAIN DESIRE UN "CHEZ SOI"....

  CHAQUE ÊTRE HUMAIN DESIRE UN "CHEZ SOI"....
     
 Ses pensées s'égrènent comme un éphéméride tout au long du mois d'août... Jour après jour, sa pensée virevolte au gré de sa prière. Aussi..
   Pour aérer le texte, je mettrai seulement une étoile et un espace.Non la date.

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                                                                  ****

      1er Août- Quête d'un lieu à soi:
   
 J'ai habité chez mon père une maison, des chambres- ma maison de naissance et d'autres- Je n'ai jamais eu de maison mienne. Et toute ma vie j'ai cherché autre part une maison à moi.

      * Désir du Paradis.

 
 Enfant, ce fut le Paradis, j'inventais des aventures saintes pour y arriver plus vite; j'attendais le soir dans mon lit une miraculeuse maladie- qui m'allait venir prendre; je jouais à la balle au mur pour interroger la balle sur l'année, le mois, le jour de la semaine où j'allais bientôt être morte et entrer chez Dieu.
   Et comme j'étais très maladroite, la balle tombait. Je mourrais à la fleur de l'âge.

       * Chapelle mystique
   
Adolescente, ce fut, je ne sais où, je ne sais quelle merveilleuse chapelle illuminée, ardente de prières et d'encens où, voilée de blanc et tenant un cierge, je rencontrais passionnément, dans l'ombre pleine d'Anges, le Roi du Ciel qui m'épousait.
 

  * Attente d'une visite de Noël
 
 Puis, vers seize ans, commença de s'élever très loin, au nord, sur une hauteur sauvage, une maison dans la neige. Une maison du soir aux fenêtres éclairées par des lampes intérieures. J'étais seule dans la salle, seule avec le feu.
Seule et belle - ( je ne l'ai jamais été que dans cet endroit-là). J'avais une robe blanche et verte. La salle était tapissée de rameaux de houx. Je n'avais rien à faire...J'attendais...le soir de Noël, tout à coup, sans frapper quelqu'un entrait.

  * Désir modeste.
    Puis, un peu plus tard, un jour, je trouvai la terre et j'inventai la réelle maison d'une femme vraie. Je la connaissais, je l'avais presque vue. elle n'était ni riche ni grande et donnait sur une pauvre rue, mais elle avait un petit jardin.


  *Une vie de femme.
  Je savais comment les meubles seraient rangés dans les chambres, je les dérangeais et rangeais encore. Je savais où était la corbeille des bas à repriser..Je savais quelles assiettes à ramages bleus j'allais poser sur la table....je savais quelle porte s'ouvrirait tout à l'heure et qui entrerait.
 Je savais quel souper de ma façon nous mangerions ensemble et dans quelle ombre de la chambre je préparerais le berceau.

 

* Pièce accueillante.
         J'attendis. Les années passèrent.
         Alors, faute de foyer, j'espérai que ma demeures serait une seule pièce où il y aurait des fleurs, des livres, des musiques, un petit coin tiède que j'ouvrirais le soir à un ami, à mon amie, pour leur donner tout ce que j'avais de bon et de beau et qui pesait tant à moi seule.
      Mais trop long était le chemin de leur vie à la mienne.
Ils ne sont presque pas venus.
   Seuls les voisins entrèrent et tinrent de la place en vain.

8 août- La maison des autres.
       Il se fait tard. Personne ne viendra plus maintenant..que les voisins encore.
J'habite toujours la maison des autres, celle qui fut rangée avant moi, sans moi, où je ne déplace rien, mais que je tiens en ordre.
 Une brave maison trop grande, mais qui loge sans se gêner tous les frères et cousins qui passent.
  Cousins...voisins...Une bonne maison qui aura bien rempli sa tâche..


* Maison d'éternité
      Après celle-là, ma maison à moi, ma maison de mort s'appellera: N'importe où . Je ne bâtis plus que dans l'éternité.


*Demeure inaccessible

    Ainsi de la nostalgie ailée de mon enfance au déracinement de mon vieil âge, je n'aurai guère mis pied à terre.
 Et je m'en irai d'ici sans avoir ce qu'était une demeure humaine.

     ( à suivre..)

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Date de dernière mise à jour : 16/09/2020