LES  LARMES DU VENT....

 

Marie NOËL- CHAQUE ÊTRE HUMAIN DESIRE UN "CHEZ SOI"..2èmè partie...

Marie NOËL- CHAQUE ÊTRE HUMAIN DESIRE UN "CHEZ SOI"..2ème partie.. ( ..en cours..)
 

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11Août-Embellie

Il me semble, en ramassant ces feuilles tombées sur le chemin d’années désolées, que depuis un peu de temps, il fait plus calme.


*Ouverture sur le monde.

Depuis sans doute que les portes de ma cellule ont été forcées, mes fenêtres brusquement ouvertes et que je puis apercevoir le monde au loin au lieu de ne regarder que Dieu-ou moi-même-en moi-même.


* Tendresse humaine

Il y a dans la solitude un danger, et, sans qu’on y pense, un orgueil.
Il ne faut jamais vouloir se suffire à soi-même.
Mais je ne voulais pas…Je ne me suffisais pas…Je manquais de tout, j’attendais.
Et la Providence enfin a permis que me fussent versées quelques de lait de la  douceur humaine.


*Maisons dans le soir.

Quand j’avais vingt ans et que je voyageais vers le soir, le train traversait les villages, entre les maisons dont chacune avait sa lampe et sa fumée.

15   août- Désir inexaucé.

Dans chacune était un amour, un merveilleux bonheur caché qui s’enfermait, seul, pour la nuit.
Et je passais le cœur gros, appelant la maison de la terre où seraient mon amour, ma lampe et ma fumée à moi.
         Mais nulle maison ne m’attendait.

*Maisons de souffrance.

Et maintenant quand je passe, à la nuit tombante, entre les maisons rangées au bord des vieux pays, je sais maintenant ce que la lampe éclaire.

*Diversité des expériences.

Là, une fatigue sans repos, là une douleur sans sommeil.
Là, un souci, là, un combat, là, une querelle, là, un mensonge, là, une haine, là, une misère…là, la mort.

* Universalité des situations.

On peut trouver cela partout sans demander rien à personne.

* Essai d’amour

Je fais le plus de choses que je peux par amour pour me reposer d’en faire par nécessité.

*Danger de la suffisance

Celui qui n’a besoin de rien, tout lui manque.
Misère de l’homme qui se suffit, de l’esprit comblé de lui-même.
Toute la valeur de l’homme est dans sa recherche, son appel, son désir.

* Nécessité de l’échange.

Il y a dans le catholique un être satisfait, supérieur-celui qui possède la vérité- plein de sécurité et de certitude.
S’il s’incline vers l’autre pensée- il s’incline- c’est pour la sauver, c’est-à-dire la circonvenir, la séduire, la gagner à Dieu.
Elle n’est pour lui qu’un objet de compassion ou de conquête.
Il l’aime par miséricorde. Il la méprise par foi.
 Aucun échange possible. Un catholique donne. Il ne reçoit pas.

*Doute essentiel

C’est en quoi je suis mal catholique. Toute âme est mon égale. J’ai donné de mon mieux à tous le peu de lumière que j’avais, mais j’ai aussi- et de toutes sortes de gens- beaucoup reçu.
      Avais-je bien la foi ?

* Risques de la pureté


Ô Dieu ! Défendez les Purs contre leur pureté !
A monter trop haut dans un air trop aigu, trop dur, le cœur parfois se brise et le sang gicle.
Le Saint n’est plus alors qu’un blessé à la robe souillée qui chancelle et va périr dans un gouffre de ciel.
Envoyez-lui, alors, ô mon Dieu, un Ange aux ailes fermées qui le rapportera doucement, pour un soir, à la chaleur étroite des demeures humaines.

*Fatigue sans angoisse

Ma fatigue est profonde, inexplicable. Mais plus d’angoisse. Au contraire. Quelque chose de délicieux, une légèreté de feuille qui va se détacher de l’arbre, d’oiseau au moment de l’essor…
 N’aie pas peur !

*Légèreté

J’ai l’impression de n’être plus que posée au monde, tout au bord. Il me semble qu’un souffle pourrait m’emporter.

* Calme évaporation
 
 Jamais je n’ai ressenti cela. Je ne suis pas malade, je ne souffre de rien.
Pas de violente envolée religieuse. Seulement un calme qui monte, qui monte, si doucement !...à Dieu.
J’ai idée que la goutte d’eau doit s’élever ainsi, de plus en plus légère, dans le soleil, quand elle s’évapore.

* Chant de prime vieillesse.

 Je marche difficilement, ma vue baisse, je ne peux plus travailler, j’ai toujours sommeil.
  Au fond, vois-tu, ce qui m’a prise là, ce doit être une crise de prime vieillesse.
 Ma poésie est ainsi tout usée.
 Alors, je me chante, le soir, toute seule dans les champs, des chansons populaires, qui se cassent dans mon gosier, et mes prières si nostalgiques de complies.

                                Je chante.

*Résolution de malade

Etre loyale avec mes nerfs. Ne jamais en tirer parti pour attirer l’attention, exciter la pitié, obtenir la douceur, être consolée.

* Ne pas contribuer au mal

     Ne jamais nuire volontairement à moi-même.
     Surtout, ne jamais nuire aux autres, ni par violence ni par faiblesse. Eviter de les aigrir par mon amertume, de les abattre par mon abattement.

* Action

Faire une bonne action, tous les jours, coûte que coûte.

*Règne de la confiance.

Confiante dans la tendresse comme un petit enfant.
Inspirer confiance, par la droiture, comme un homme.

 


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Date de dernière mise à jour : 16/09/2020