LES  LARMES DU VENT....

 

LUMIÈRE DANS MA NUIT.

 
                               LUMIERE DANS MA NUIT...

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 Tout a commencé au CP, dans le midi.
          J'avais déjà fréquenté une maternelle à Vitré  et cette petite "classe enfantine" n'avait rien de commun avec mon ancienne grande école.
   Mes idées étaient confuses, j'avais perdu tous mes repères et me sentais vraiment déjà de trop! Totalement étrangère à ce groupe de fillettes qui     vivaient toutes au coeur du village.
    Cela commence toujours banalement par la différence. Comme toutes les petites filles, elles ne cessaient de parler de leurs poupées, des jeux et des   goûters qu'elles partageaient, de leurs pépés et mémés qui les gâtaient.
   Ce qui me blessait surtout, dans leur vie de famille si épanouie c'était leur papa ..!...Ce papa qui faisait des miracles, qui jouait avec elles, les entourait de tendresse! 
 
  - Moi, mon papa...
     - Et moi, mon papa, tu sais...
   Intarissables.
    J'ai vite appris à appréhender le fatidique: " Et toi, ton papa?..../...."
                         Alors, sans attendre , je me réfugiais  dans un coin du préau, les larmes aux yeux et la gorge serrée.

 Ce boulet, je l'ai traîné partout...!!!

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   L'institutrice me manifestait beaucoup d'attention: maman faisant parfois des ménages chez elle, devait lui faire des confidences!
   Cependant, un jour, lors d'une leçon de lecture, elle m'a profondément meurtrie sans le vouloir, je le sais bien.
   
     C'était une nouvelle leçon du son [ f]... Nous avions tourné la page et au moment où je découvrais un superbe éléphant, elle me dit:
    - Non, pas toi, N...., tu n'es pas assez dégourdie!

   Cet aveu catastrophique  m'a été comme un coup de poignard: non seulement je n'étais pas comme les autres mais en plus j'étais bête!
  Ce reproche m'a hantée durant  toutes mes études; aussi, plus tard, j'ai  toujours  voulu éviter un tel affront à mes élèves- malgré ma sévérité!

                                                                              Ecole detail fl            Je vivais donc, à l'écart du village. Interdite de jeux. Aucune permission d'aller jouer avec elles: l'excuse facile étant que nous habitions à l'écart.
   Aucune invitation n'était acceptée. Aucun enfant n'avait le droit de venir. Combien de fois ai-je vu maman pleurer pour cela?
  Plus tard, je fus aussi "interdite" de lectures. Les livres de classe suffisaient. J'ai déjà évoqué ce qui fut pour moi un manque abyssal!

   MAIS..HEUREUSEMENT...que mon beau-père craignait un peu notre voisin, gérant de la cave coopérative dont dépendait la distillerie où on l'avait autorisé à s'installer avec maman et moi.
   Avec sa femme et sa grande fille, ils furent toujours nos anges gardiens. De temps à autre, ils venaient nous apporter des fruits, des légumes.Ils savaient sa dureté et ses colères et je pense que c'était leur façon de s'assurer que tout allait au mieux...( Tout le village savait- aujourd'hui encore, les anciens en témoignent!-) 
  Aussi,
Lucienne, son épouse multipliait-elle les occasions de m'emmener chez elle pour m'enseigner la couture ou m'emmener à l'église.
  C'était bien loin. Mon beau-père marmonnait, maman tremblait; je partais à la fois soulagée mais meurtrie...
 
 Elle fut ainsi une première LUMIERE... Une petite flamme que nous entretenions, maman et moi au cas où..

                                      à suivre....

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Date de dernière mise à jour : 27/01/2020